La télé est à côté de moi. C'est M6 et il y a un reportage sur Guillaume Depardieu, tourné il y a quelques temps déjà, qui est diffusé. Je suis triste qu'il soit décédé. Ce mec ne mâchait pas ces mots et j'apprécie cette qualité. Oui, pour moi, c'est une qualité de dire ce que l'on pense.
Mais, pour être honnête, si j'ai envie d'écrire, c'est parce que je ne me sens pas bien. Depuis que je ne vois plus ma psy, je dois encore plus travailler sur moi-même. Avant, elle m'aidait à mettre le point sur ce qui n'allait pas, je n'étais pas seule. Il y avait quelqu'un pour m'aider à y voir clair. Quelqu'un qui ne me jugeait pas, qui restait objectif par rapport à tout ce que je pouvais lui dire. Je pouvais lui dire que j'aimais, parfois, être méchante gratuitement, pour me soulager, elle ne me traitait pas de garce pour autant. Maintenant, je dois me débrouiller seule. Bien sûr, je peux discuter avec Perrine mais ça n'est pas pareil. Ca fait quelques jours que je dis ça « Je suis une bonne à rien », notamment à cause de cet exposé. Et, à force de le dire, je vais m'en convaincre. Je me sens nulle. Je me sens impuissante face à mon avenir lointain. L'idée d'être professeur d'anglais ne me réjouit plus autant qu'avant, même l'idée d'être prof tout court ne me réjouit plus. Depuis que je suis gamine, je sais que je veux enseigner. Mais je ne sais pas, je ne sens plus cette vocation comme avant. Et pour moi, le fait d'hésiter fait que je suis nulle. J'ai peur de tout ce qui arrive. J'ai peur de ce que je ne peux pas contrôler. J'ai donc peur de l'avenir. Pas l'avenir proche. Mais l'avenir à grande échelle. Je ne veux pas décevoir mes proches, ma mère surtout. J'ai peur de la décevoir, qu'elle ne m'aime plus parce que j'échoue. Je sais bien que c'est ridicule : elle ne va pas arrêter de m'aimer parce que je ne suis pas la meilleure. Mais je ne supporterai pas de ne voir rien qu'une pointe de déception dans ses yeux. J'aime ce que je fais à la fac mais l'idée d'aboutir au professorat me ... perturbe et me fait me poser encore plus de questions que je ne m'en pose déjà. J'ai peur de décevoir les gens. J'ai aussi peur d'avoir des rêves qui ne sont pas si irréalisables que ça mais que j'estime irréalisables. J'ai peur que mes connaissances virtuelles se fassent une mauvaise image de moi. Pourtant, je suis naturelle, je ne cherche pas à me cacher derrière une autre identité mais je ne sais pas, si je n'étais pas quelqu'un de bien ? Hein ? Si vraiment, j'étais quelqu'un de méchant, d'égoïste, de vulgaire, de désagréable etc ... ? J'ai peur de ce que je suis ou ce que je peux devenir. J'ai peur de faire des mauvais choix. J'ai peur. Et je suis fatiguée aussi. Depuis longtemps
Et pourtant, j'ai cet esprit très « cool » qui me dit que nous n'avons qu'une vie et qu'il faut arrêter de se prendre le chou comme ça, d'arrêter de se poser des questions aussi débiles les unes que les autres. Je sais qu'il faut profiter de la vie et apprécier chaque moment de bonheur présent. Je le sais tout ça, je le sais mais je l'oublie quand ma nostalgie prend le dessus.
J'hésite à publier cet article. Je ne veux pas passer pour une pleurnicheuse et les gens qui liront cet article se diront que je suis pleine de contradictions. Et ils auront parfaitement raison. Mais je vais faire comme Guillaume Depardieu faisait. Je vais assumer tout ce que j'ai dit -écrit- et le publier. Je ne dois pas avoir peur de ce que je peux penser et de ce que je peux dire.
Pix : arbre que l'on trouvait beau, Perrine et moi.